Se déguiser à deux pour Halloween.
Le jeu de rôle en couple, sans le ridicule
Une nuit par an, tout le monde porte un masque. Costumes qui se répondent, scénarios courts, mot d'arrêt et fous rires : comment jouer un autre rôle à deux le soir d'Halloween, sans se sentir ridicule.

Couple déguisé en vampire et en masque vénitien, complices à la lueur des bougies dans l'entrée d'un appartement ancien le soir d'Halloween. Illustrations générées par IA.
Voir en Photo BDEn bref.
5 questions, 5 réponses. Le détail est dans la partie indiquée.
Quel déguisement de couple choisir pour Halloween ?
Deux personnages qui se répondent plutôt que deux costumes identiques : le vampire et sa proie, la sorcière et l'inquisiteur, le chasseur et la créature, ou deux inconnus aux masques vénitiens. L'un attire, l'autre résiste, et l'histoire commence d'elle-même.
Partie 03 · Quels costumes de couple choisir ? Des duos qui se répondentQuel maquillage d'Halloween ne tache pas les draps ?
Le maquillage à l'eau, fixé avec une poudre transparente, se transfère beaucoup moins que les fards gras. Gardez le faux sang pour le costume, oubliez les paillettes, et prévoyez une serviette sombre sur l'oreiller et un démaquillant près du lit.
Partie 04 · Un costume qui s'enlève bien (et un maquillage qui épargne les draps)Comment proposer un jeu de rôle à son partenaire ?
Profitez du prétexte de la fête, quelques jours avant et autour d'un verre : "Pour Halloween, ça te dirait qu'on se déguise et qu'on joue un peu ?" Parlez ensuite de vos envies et de vos limites, et choisissez un mot d'arrêt simple, comme "citrouille".
Partie 05 · En parler avantComment faire un jeu de rôle en couple ?
Écrivez un scénario court en trois temps : un début (qui vous êtes, où, et la première réplique mot pour mot), une tension (deux désirs qui s'opposent ou une règle à respecter), puis une fin ouverte, là où les corps prennent le relais.
Partie 06 · Écrire un scénario courtQue faire si on rigole pendant un jeu de rôle ?
Riez : le fou rire n'est pas un échec, c'est la preuve que vous êtes à l'aise ensemble. Reprenez ensuite la dernière réplique un ton plus bas, intégrez l'accident à la scène, ou finissez la nuit sans personnage, ce n'est pas grave.
Partie 11 · Et si vous éclatez de rire ? Le fou rire n'est pas un échec
Halloween, la nuit où l'on a le droit d'être quelqu'un d'autre
Se déguiser à deux pour Halloween, c'est s'offrir une permission rare : jouer un autre rôle le temps d'une nuit, sans avoir à se justifier. Le 31 octobre, tout le monde porte un masque, et personne ne vous demandera pourquoi vous avez des crocs ou une cape. C'est le meilleur prétexte du calendrier pour essayer le jeu de rôle en couple.
La fête vient de loin. Les Celtes célébraient à cette date l'entrée dans la saison sombre, une nuit où, disait-on, les esprits revenaient parmi les vivants, et la légende veut qu'on se soit déguisé pour passer inaperçu. Sous un costume, on n'est plus tout à fait soi, et c'est précisément ce qui rend certaines choses possibles.
Rien d'un spectacle à monter, pourtant : deux costumes qui se répondent, une conversation avant, trois lignes de scénario et quelques fous rires.
Pourquoi ose-t-on davantage sous un costume ?
Parce que ce n'est plus vous qui demandez, c'est votre personnage. Le vampire a le droit d'être impérieux, la sorcière insolente, l'inconnu masqué direct, alors que vous n'auriez jamais osé la moitié de leurs répliques. Le costume prend sur lui une bonne part de la gêne.
Des psychologues l'ont souvent observé : derrière un masque, la peur du jugement baisse d'un cran. On ne se demande plus "de quoi j'ai l'air ?", puisque la réponse est connue : de quelqu'un d'autre. Cette petite distance suffit pour laisser sortir une envie qu'on garde d'habitude pour soi.
Il y a aussi le regard de l'autre. Retrouver son partenaire en chasseur au long manteau ou en créature aux yeux charbonneux, c'est découvrir un inconnu qu'on connaît pourtant par cœur (et les chaussettes au pied du lit s'effacent d'un coup).
Le masque ne cache pas qui vous êtes, il vous donne la permission de le montrer.
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Le masque ne cache pas qui vous êtes, il vous donne la permission de le montrer.
Partie 2 · Pourquoi ose-t-on davantage sous un costume ?
Quels costumes de couple choisir ? Des duos qui se répondent
Le bon déguisement de couple pour Halloween est celui qui raconte déjà une histoire à deux. Deux squelettes assortis font sourire, alors que deux personnages qui se répondent créent tout de suite une tension : l'un attire, l'autre résiste, l'un cherche, l'autre se cache.
- Le vampire et sa proie : le grand classique. L'un séduit, l'autre se laisse approcher... ou pas, et tout se joue autour du cou.
- La sorcière et l'inquisiteur : l'un vient faire avouer, l'autre ensorcelle, et on ne sait bientôt plus qui tient le pouvoir.
- Le chasseur et la créature : loup-garou, démon ou esprit des bois face à celui qui le traque. Le duo du cache-cache dans la pénombre et de la capture consentie.
- Les masques vénitiens : deux inconnus à un bal masqué. À Venise, le masque permettait autrefois de se mêler à la foule incognito, quel que soit son rang : tout l'esprit du jeu.
Les rôles ne sont pas attribués d'avance : une femme fait un vampire magnifique, un homme une proie très convaincante, et ces duos se jouent aussi bien entre deux femmes ou deux hommes. Le seul critère : que chacun ait envie de son propre personnage.
Petit test avant tout achat : décrivez votre personnage en une phrase ("une comtesse qui n'a pas dîné depuis un siècle"). Si elle vous fait sourire tous les deux, vous tenez votre duo. Et si une étoffe ou un masque vous trouble plus que prévu, c'est une forme douce de fétichisme, un bon indice pour la suite.
Un costume qui s'enlève bien (et un maquillage qui épargne les draps)
Un costume de jeu de rôle doit tenir toute la soirée, puis tomber avec grâce. La question à se poser : l'autre pourra-t-il me l'enlever sans aide, sans ciseaux et sans fou rire nerveux ?
Ce qui s'enlève bien : la cape (qui sert ensuite de couverture), le corset à lacets que l'autre dénoue, la chemise à jabot, les gants longs qu'on retire doigt par doigt. Ce qui complique tout : les combinaisons fermées dans le dos, le latex qui colle à la peau, les faux ongles pointus (redoutables pour les caresses).
Pour faire durer le moment où tout tombe, inspirez-vous du striptease qui prend son temps, et choisissez d'avance la pièce qui restera : un masque ou des gants gardés quand le reste a disparu, le personnage n'en est que plus troublant.
Côté maquillage, les draps blancs sont vos ennemis. Le maquillage à l'eau, fixé avec une poudre transparente, se transfère beaucoup moins que les fards gras. Le faux sang tache tout : gardez-le pour le costume, en version lavable, jamais sur le cou qui sera embrassé. Oubliez les paillettes, testez le maquillage sur le poignet la veille, étendez une serviette sombre sur l'oreiller et gardez un démaquillant près du lit.
Quant aux fausses dents de vampire, prenez de petites capsules qui se retirent en une seconde : on embrasse très mal avec des crocs de dix centimètres !
En parler avantEnvies, limites et un mot d'arrêt
Comment proposer un jeu de rôle à son partenaire ? En profitant du prétexte. "Pour Halloween, ça te dirait qu'on se déguise et qu'on joue un peu ?" passe bien mieux qu'une grande déclaration sur vos fantasmes. Faites-le quelques jours avant, autour d'un verre.
Trois questions, que chacun pose à l'autre :
- Qu'est-ce qui te tente dans ce personnage ?
- Qu'est-ce que tu ne veux surtout pas ?
- Jusqu'où as-tu envie d'aller ce soir-là ?
Les limites peuvent être toutes simples : "pas de suçon visible, j'ai une réunion lundi", "pas de moquerie sur mon corps". Si les mots vous manquent, voyez nos phrases pour dire ses envies au lit.
Reste le mot d'arrêt. Pour un premier jeu, le plus sûr est que "non" et "stop" gardent leur sens ordinaire, même dans un rôle de proie qui résiste. Le mot d'arrêt vient en plus, comme un filet : un mot qui n'a rien à faire dans la scène ("citrouille", par exemple) et qui arrête tout aussitôt, sans discussion ni vexation. Certains ajoutent le feu tricolore : "vert" pour continuer, "orange" pour ralentir, "rouge" pour arrêter.
Écrire un scénario courtUn début, une tension, une fin ouverte
Comment faire un jeu de rôle en couple quand on n'a jamais essayé ? En écrivant moins qu'on ne le croit. Un bon scénario tient sur une carte postale, en trois temps. Au-delà, vous passez la soirée à réciter au lieu de jouer.
Le début : qui vous êtes, où vous êtes, ce que chacun veut. Un trait de caractère par personnage, un décor tiré de chez vous (le couloir devient l'allée d'un manoir, la chambre une auberge isolée) et la première réplique, écrite mot pour mot : c'est la plus difficile à improviser.
La tension : ce qui empêche les choses d'aller trop vite. Deux désirs qui s'opposent (l'un veut entrer, l'autre hésite), une règle (interdit de se toucher avec les mains) ou une horloge (tout doit se jouer avant minuit). Sans obstacle, il n'y a pas d'histoire, seulement un costume.
La fin ouverte : le moment où vous arrêtez d'écrire, là où les corps prennent le relais.
Pour l'ambiance, il faut peu de chose : une bougie, une musique sans paroles (orgue, pluie, violoncelle), le téléphone dans une autre pièce. Voici trois scénarios prêts à jouer.
Scénario 1La morsure de minuit (le vampire et sa proie)
Le début. La proie rentre dans un appartement plongé dans le noir, une seule bougie allumée. Le vampire l'attend dans un fauteuil et parle sans se lever : "Vous êtes en retard. Je déteste attendre, et j'ai attendu très longtemps."
La tension. Elle repose sur une vieille règle des légendes : un vampire n'entre pas chez quelqu'un sans y avoir été invité. Ici, il ne peut rien faire sans invitation. Il approche, il frôle sans toucher, et il attend chaque permission : "Vous pouvez vous approcher." "Vous pouvez prendre ma main." "Vous pouvez... respirer mon cou." La proie distribue les autorisations au compte-gouttes, et c'est elle, en réalité, qui mène la danse.
La fin ouverte. Le vampire obtient enfin le droit de mordre : un long baiser dans le cou, lent, appuyé, qui glisse vers l'épaule. La suite dépend de la proie, qui peut aussi retourner la situation et mordre la première.
Grand avantage pour un premier essai : le consentement fait partie du jeu. Chaque geste est demandé, accordé, savouré.
Scénario 2Le procès de la sorcière (la sorcière et l'inquisiteur)
Le début. L'inquisiteur, tout de noir vêtu, lit l'acte d'accusation : "Vous êtes accusée d'avoir troublé le sommeil de tout le village. On parle de nuits blanches et de voisins qui rêvent tout éveillés. Qu'avez-vous à répondre ?" La sorcière, assise au bord du lit, sourit et ne dit rien.
La tension. Une règle unique : l'inquisiteur ne doit jamais croiser le regard de la sorcière, car c'est ainsi qu'elle ensorcelle. Chaque fois qu'il cède, elle gagne un sortilège, c'est-à-dire un ordre qu'il doit exécuter ("retirez votre gant", "approchez", "à genoux", "fermez les yeux"). Plus il la regarde, plus il perd la main, et plus elle s'amuse.
La fin ouverte. L'interrogatoire tourne à l'envers : c'est bientôt l'inquisiteur qui avoue, et ce qu'il avoue, ce sont ses propres désirs. La sorcière fixe alors la sentence... à moins qu'il ne tienne assez longtemps sans la regarder pour retourner le procès.
Le duo s'inverse à volonté (un sorcier et une inquisitrice, deux sorcières). Le ressort reste celui d'un pouvoir qui change de camp, et il plaît beaucoup à ceux qui, d'ordinaire, prennent toujours l'initiative, ou ne la prennent jamais.
Scénario 3Le bal des inconnus (les masques vénitiens)
Le début. Deux inconnus se croisent à un bal masqué, chez vous ou dans une vraie soirée. Règle d'or : aucun des deux ne connaît l'autre. On se vouvoie, on s'invente un prénom, un métier, une vie. Première réplique possible : "Je ne crois pas qu'on nous ait présentés. Vous attendez quelqu'un ?"
La tension. Le masque ne se retire pas, pas tout de suite. Chacun essaie de séduire cet inconnu qui, au fond, connaît tous ses points faibles (c'est tout le sel de l'exercice). Compliments permis, vraies informations interdites. Pour corser le jeu, l'un des deux porte une moretta, ce petit masque noir de Venise que l'on tenait autrefois par un bouton serré entre les dents : impossible de parler, on séduit avec les yeux et les mains.
La fin ouverte. Celui ou celle qui retire le masque de l'autre met fin au bal, et la suite se joue à visage découvert... ou pas.
C'est le plus doux des trois, et les timides l'apprécieront en particulier : pas de rapport de force, seulement le plaisir de séduire à nouveau son partenaire comme au premier soir.
Sortir à une soirée costumée, puis rentrer sans quitter son rôle
Une soirée costumée est un formidable terrain de jeu, à condition d'y entrer avec un plan. Le plus excitant : vous séparer dès la porte franchie et faire comme si vous ne vous connaissiez pas. On s'observe de loin, on se croise au bar, trois mots en personnage, puis chacun repart de son côté.
Ce jeu de regards a un pouvoir étonnant. Voir votre partenaire se faire remarquer dans son costume, puis revenir vers vous d'un air entendu, réveille un désir qui s'endort vite dans un couple installé. C'est le même ressort que pour relancer le désir quand la routine s'installe : un peu de distance, un peu d'inattendu.
Convenez d'un signal pour le départ ("il paraît que la lune est pleine", un gant que l'on retire), puis ne quittez plus le personnage. Le trajet du retour fait partie de la scène, et le seuil de la porte est le moment idéal pour la première réplique.
Buvez raisonnablement, enfin : un verre rend le personnage plus audacieux, trois de trop font oublier les répliques, les limites et le mot d'arrêt.
Et si vous éclatez de rire ? Le fou rire n'est pas un échec
Que faire si l'on rit pendant un jeu de rôle ? Riez. Contrairement à ce que l'on pourrait penser, le fou rire n'est pas un échec, c'est la preuve que vous êtes à l'aise ensemble. Une cape coincée dans la porte, un accent transylvanien qui dérape : il serait étonnant que tout se passe sans éclat de rire.
Pour revenir dans le jeu, trois façons. Laisser passer le rire, puis reprendre la dernière réplique un ton plus bas. Intégrer l'accident à la scène ("Vous osez vous moquer d'un vampire ?"). Ou faire une vraie pause (un verre d'eau, un baiser) et repartir de la première réplique.
Parfois, le personnage ne revient pas, et ce n'est pas grave non plus : vous finissez la nuit en étant vous-mêmes, et le costume aura fait son travail, il vous aura rapprochés. Un rire partagé au lit vaut mieux qu'une scène parfaite jouée sans y croire.
Le seul rire qui pose problème, c'est celui qui se moque de l'autre (de son corps, de son envie, de sa façon de jouer). Celui-là abîme la confiance, et il mérite une excuse sincère, hors personnage.
Après le jeuSe retrouver, puis en reparler
Quand le jeu s'arrête, prenez le temps de redevenir vous-mêmes, ensemble. Démaquillez-vous l'un l'autre (un geste d'une tendresse étonnante après une nuit de crocs et de sortilèges), buvez un grand verre d'eau. Si la soirée a commencé par un dîner d'Halloween à deux, c'est le moment de finir le dessert.
Ce retour à soi compte, surtout quand les rôles étaient marqués (dominer, résister, être traqué). Quelques mots suffisent : "tu étais incroyable", "j'ai adoré quand tu...", "ça va, toi ?" Les personnages restent au vestiaire.
Le vrai débriefing se fait le lendemain, autour d'un café : ce qui vous a plu, ce qui vous a gênés, même un peu, et le personnage que vous aimeriez essayer la prochaine fois. Un jeu de rôle réussi n'a aucune raison d'attendre le 31 octobre suivant pour revenir.
En résumé : deux costumes qui se répondent et s'enlèvent bien, une conversation avant, trois lignes de scénario, un mot d'arrêt et beaucoup d'indulgence pour vos fous rires. Avec ça, la nuit d'Halloween devient vraiment la vôtre.
Partie 13 · pour les membresPour la fin de la nuit
Une fois que vous êtes à l'aise dans vos rôles, la fin de la nuit peut aller plus loin, avec toujours le même mot d'arrêt à portée de voix. La chasse dans le noir.
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Textes écrits à partir d'ouvrages de sexologues et de thérapeutes, relus avant publication. Illustrations générées par IA, aucune personne réelle. Nos conseils ne remplacent pas un avis médical.
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