Une heure avant, sortez les pommes du réfrigérateur : froides, elles se couvrent de buée dans l'air tiède de la cuisine, et le sucre glisse. Au moment de commencer, versez l'eau dans une petite casserole à fond épais et à bords hauts (14 à 16 cm de diamètre au plus : le sucre doit y avoir de la profondeur), ajoutez le bâton de cannelle cassé en deux et portez à frémissement. Coupez le feu, couvrez et laissez infuser pendant que vous préparez les pommes.
Pommes d'amour rouge sang à la cannelle.
La vraie pomme d'amour de fête foraine, en rouge sang pour Halloween : une coque de sucre cuit à la cannelle et au piment, qui casse net sous la dent, à croquer à deux.

Deux pommes d'amour rouge sang à la coque de sucre brillante, servies sur ardoise avec cannelle, deux verres de vin et une bougie pour un dîner à deux. Illustrations générées par IA.
Voir en Photo BDLa pomme d'amour, c'est le goût des fêtes foraines : une petite pomme acidulée enfermée dans une coque de sucre rouge, si brillante qu'on s'y voit, plantée sur un bâton de bois. Nous vous proposons ici sa version du soir d'Halloween, rouge sang, parfumée à la cannelle et relevée d'une pincée de piment. Il ne pique pas, il laisse seulement une petite chaleur au fond de la bouche une fois le sucre fondu.
Ce dessert se partage comme il se mange : l'un croque, puis l'autre. La coque cède avec un bruit sec, le jus de la pomme coule sous le sucre, et le colorant laisse sur les lèvres un rouge de vampire qui ne demande qu'à être effacé... par un baiser qui prend son temps, de préférence.
La pomme traîne depuis longtemps une réputation de fruit défendu (autrefois, "pomme d'amour" était d'ailleurs aussi le nom de la tomate). La cannelle et le piment font partie de ces épices auxquelles la tradition prête le pouvoir de réchauffer les sens. Aucun ne fait de miracle, comme on l'explique à propos des aliments aphrodisiaques, mais un dessert qui se croque à deux, les doigts un peu collants, fait très bien l'affaire.
Côté technique, la recette demande peu d'ingrédients mais un peu d'attention : le sucre doit atteindre le grand cassé, entre 145 et 150 °C, le stade où, en refroidissant, il durcit comme du verre. Un thermomètre de cuisson simplifie tout. À défaut, le test de la goutte dans l'eau froide, expliqué dans les étapes, suffit. Comptez quarante minutes en tout, dont un quart d'heure où les pommes durcissent toutes seules.
Ce dessert se partage comme il se mange : l'un croque, puis l'autre.
La préparation.
9 étapes · 40 minutesPlongez les pommes quelques secondes dans de l'eau très chaude, puis frottez-les vigoureusement avec un torchon propre : c'est ce qui retire la fine couche de cire des pommes du commerce, sur laquelle le sucre n'accroche pas. Séchez-les parfaitement, jusque dans le creux de la queue.
Retirez les queues et enfoncez un bâtonnet à leur place, bien droit, jusqu'aux deux tiers de la pomme environ : elle ne doit pas tourner autour. Posez le papier cuisson sur une planche près de la plaque, avec à côté un bol d'eau très froide et un glaçon. Ce bol sert au test de la goutte, et à refroidir aussitôt un doigt si une projection vous atteint (plongez-le sans chercher à retirer le sucre, puis gardez-le une dizaine de minutes sous l'eau fraîche du robinet). À 150 °C, le sucre colle à la peau et continue de brûler : ne le goûtez jamais à la cuillère, ne le touchez pas, et gardez les manches longues.
Retirez la cannelle de la casserole. Ajoutez le sucre, le sirop de glucose (ou le jus de citron) et le colorant, que l'on met dès maintenant pour qu'il ne crépite pas en fin de cuisson. Remuez juste assez pour que tout le sucre soit mouillé, essuyez les grains restés collés aux parois, puis posez sur feu moyen. Dès que le sirop bout, ne touchez plus à la cuillère.
Laissez cuire sans remuer, 8 à 10 minutes environ. Si la casserole chauffe plus d'un côté, faites-la simplement pivoter sur le feu en la tenant par le manche. Si des cristaux se forment sur les parois, passez-y un pinceau trempé dans l'eau froide : ils fondent et retombent dans le sirop. Ce sont eux, avec une cuillère passée au mauvais moment, qui font cristalliser le sucre.
Au-delà de 130 °C, la température grimpe très vite : restez à côté. Retirez la casserole du feu dès que le thermomètre, plongé dans le sirop sans toucher le fond, affiche 148 à 150 °C : c'est le grand cassé. Sans thermomètre, faites le test de la goutte, casserole hors du feu : laissez tomber un peu de sirop dans le bol d'eau froide. Au grand cassé, il durcit aussitôt en fils qui se cassent net, comme du verre, et ne collent pas aux dents. S'il plie ou reste collant, remettez une minute sur le feu et recommencez. Ne dépassez pas 155 °C : le sucre commence à caraméliser, le rouge tourne au brique, puis le goût devient amer.
Hors du feu, ajoutez la pincée de piment, et la cannelle moulue si vous la voulez plus présente, d'un seul tour de spatule. Inclinez la casserole, la main protégée par un torchon, pour que le sucre s'accumule d'un côté. Tenez une pomme par son bâtonnet, plongez-la dans le sucre et faites-lui faire un tour complet pour la napper jusqu'au pied du bâton.
Sortez-la en continuant de la tourner au-dessus de la casserole pendant quelques secondes : l'excédent retombe en un fil qui s'amincit. Essuyez le dessous contre le bord de la casserole, posez la pomme sur le papier cuisson, bâtonnet en l'air, et passez aussitôt à la suivante, car le sucre épaissit en quelques minutes. S'il devient trop épais pour napper, remettez la casserole quelques secondes sur feu doux, sans remuer.
Laissez durcir 15 minutes à température ambiante, dans un endroit sec, jamais au réfrigérateur. Pendant ce temps, remplissez la casserole d'eau et portez-la à ébullition : le sucre resté au fond se dissout tout seul. Servez une pomme chacun, ou une pour deux. Pour croquer sans vous abîmer une dent, attaquez par le côté, là où la coque est la plus fine, plutôt que par le dessus. Puis tendez la pomme : l'autre croque là où vous venez de mordre.
Les conseils.
Recettes relues avant publication. Les vertus prêtées aux aliments relèvent de la tradition plus que de la science : le plaisir de cuisiner à deux, lui, est bien réel. Illustrations générées par IA.
Dîner d'Halloween à deux.
Un velouté de potiron au gingembre, un rôti de sanglier au Cahors, des pommes d'amour rouge sang et un verre, pas la bouteille : le menu du 31 octobre en amoureux, avec sa table aux bougies et ses jeux.
Lire le menu




